Du début de XXe siècle jusqu’à l’arrivée du numérique au milieu des années 1980, l’innovation dans les organisations reposait en grande partie sur les laboratoires de recherche et développement installés comme départements de l’entreprise ou encore intégrés dans les grandes universités. Ces laboratoires, avec des services d’essais et des ateliers d’analyse et de mesure, avaient pour objectif la validation des processus ou encore des produits. Il s’agissait le plus souvent de stabiliser les meilleurs procédés tout en s’assurant que l’introduction de changements apporte une plus value au produit ou au service pour le client. Bien que le laboratoire ait été un dispositif de production de savoir scientifique et de gestion de connaissances, cette entité n’a été reconnue que dernièrement comme source essentielle à l’innovation.
Le développement des marchés et des produits au début des années 1990 et la compétition ont obligé les grandes entreprises à s’inscrire dans un processus «d’innovation intensive». Les entreprises essaient de trouver des caractéristiques et des qualités fonctionnelles aux produits et aux services qui répondent aux attentes des consommateurs particulièrement autour de la montée de la classe moyenne. Le capital historique des connaissances accumulées revêt une importance stratégique pour l’entreprise. La mondialisation vient amplifier la compétition et l’entreprise commence à vouloir les protéger et les sauvegarder, d’autant plus que les NTIC amènent un flux très important de nouvelles connaissances.
Ce n’est que récemment avec l’arrivée de l’ordinateur personnel et des TIC que l’on a compris l’importance de mettre en réseau ces connaissances dans un système ouvert, intranets, groupes de discussions, communauté de pratique, forum de discussion, afin de développer des apprentissages collectifs pour les besoins de l’entreprise. Ces apprentissages collectifs permettent tout autant de développer de meilleurs produits et services tout en s’assurant de prendre les meilleures décisions pour l’entreprise. Au-delà des connaissances, la nouvelle stratégie est de travailler sur les compétences et le développement dess relations entre les acteurs de l’entreprise. L’action efficiente des décideurs et gestionnaires suppose une interaction entre les savoirs détenus par les acteurs, producteurs et utilisateurs et les relations qui existent entre eux. L’utilisation des TIC concilie les deux facettes, savoirs et interrelations permettant cette acquisition de compétences. La réduction des coûts, la mobilité, les connexions en réseau et des outils plus faciles d’utilisation et plus puissants habilitent les producteurs à mieux adapter l’offre aux besoins des consommateurs. Les TIC permettent l’extraction de connaissances et le développement d’un savoir expert dans un domaine, tout en permettant la diffusion de ces connaissances à l’intérieur de l’entreprise pour rehausser les compétences des producteurs. Celles-ci seront utilisables selon les besoins de l’entreprise.
